Chateau rioublanc

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La lettre de Rioublanc, N°1 : Janvier 2012

10 novembre 1986 : premier mailing par courrier du Château Rioublanc

A cette époque, je venais d'obtenir mon diplôme d'ingénieur-oenologue avec la pressante  envie de rejoindre mon père pour le développement du Château Rioublanc.

Mon père sillonnait le Nord de la France et parcourait 50 000 km chaque année. Le contact direct avec les clients se faisait souvent au dépens du temps à consacrer à l'exploitation.

La vente par correspondance m'a semblé la bonne solution : je garde un contact direct avec les clients et je peux m'occuper de près de l'exploitation.

Bien entendu, c'est un métier qui s'apprend, voici notre tout premier mailing :fac-similé lettre 1986

(cliquez pour agrandir)

A l'époque l'impression est en noir sur papier couleur et pour tout logo une photocopie de l'étiquette.

Quant au texte, il est simple et direct :

- Nous avons déjà l'expérience de la vente directe : c'était vrai, mais la VPC se révèlera être un autre "métier".

- Nous argumentions déjà sur le terroir et notre savoir-faire. Notre vin avait déjà son caractère : un équilibre souple et un bouquet fruité...

- Et déjà "SPECIAL CADEAUX DE FIN D'ANNEE". Bien sûr à l'époque, pas de produits du terroir (cela viendra 10 ans plus tard). Mais déjà l'accent est mis sur les présentations cadeaux. A l'époque c'était bien vu. Car c'est cette approche originale, alliée à un vin particulièrement propice (fruité et équilibré) qui ont assuré notre avenir...


bon de commande de 1986Le bon de commande est très simple mais il prévoit déjà les remises par quantité et le franco de port (60 bouteilles).

Les prix sont déjà très raisonnables, le grand millésime 1982 est proposé à 22F la bouteille soit 3.35€ mais en tenant compte de l'inflation cela ferait 5.40€ (à comparer au 5.00€ de notre excellent millésime 2005, nos prix sont restés toujours aussi sages !!).

En 1986, nous avions déjà cette offre sur plusieurs millésimes. En ce temps là mon père n'imaginait pas que l'on serve un bon Rioublanc avant 8 ans d'âge... les choses ont changé depuis, ceux qui servent des Bordeaux de plus de 10 ans deviennent minoritaires !

Sur ce bon de commande pas de blanc ni de rosé... mais déjà notre "Méthode Champenoise". Il faut savoir que, dans le Nord, c'était la reine des communions et des mariages (et à cette époque tout le monde faisait sa communion !!).




Janvier au vignoble : le temps de la taille

taille en guyot au sécateur électrique


Parmi toutes les "façons" de la vigne, la taille a toujours été la plus noble. Jusque dans les années 80, c'était souvent une affaire d'homme, les femmes faisant les "petites" façons.
C'est si vrai, que dans ces années-là, une de nos salariées vit un jour un brave petit vieux s'avancer jusqu'à elle et la regarder attentivement avant de déclarer sobrement : "je n'avais jamais vu une femme tailler"...

Il faut dire, qu'à cette époque sont apparus les premiers sécateurs électriques. Leurs batteries étaient certes lourdes mais elles protégeaient le tailleur des tendinites et autres syndromes du canal carpien.

Mais comme à chaque fois, toute médaille a son revers. Ainsi le sécateur électrique a l'avantage de faire une coupe franche, mais il a un défaut. Il est si puissant qu'il est facile de faire de "grosses coupes". A l'époque où il fallait faire suivre une scie, on réfléchissait à deux fois avant de mutiler un pied de vigne. Dans les débuts du sécateur électrique (comme du sécateur pneumatique, une variante plus dangereuse et plus grossière) la tendance à été de "nettoyer" les ceps. Malheureusement, ce nettoyage s'accompagnait de création de grosses plaies de taille, porte ouverte aux contaminations par des champignons phytophages qui entrainaient le dépérissement des ceps.

Aujourd'hui, tout bon tailleur a conscience de la nécessité de respecter les flux de sève.

Ainsi une bonne taille a 3 rôles principaux :

- limiter la charge pour obtenir une récolte raisonnable et produire de beaux sarments.

- répartir la vendange pour faciliter la maturité homogène des raisins.

- renouveler la "charpente" pour assurer la pérennité de la vigne.

Quand on a bien compris cela, il reste à s'adapter à la fertilité de chaque cépage car le merlot est plus généreux que le cabernet; ce dernier étant particulièrement fragile aux champignons...
D'autre part, selon les densités de plantation, l'âge de la vigne, sa vigueur, on va parfois changer Ainsi la traditionnelle taille "guyot" se décline en simple, mixte ou double. Sans compter que depuis quelques années nous lui préférons la "médocaine" ou taille à deux petites lattes sans coursons (... sauf exception...). D'autres pour des raisons de mécanisations choisissent le "cordon bas palissé". Dans d'autres régions certains étudient même la taille rase mécanique (un sacrilège pour les puristes qui visent uniquement la baisse des coûts de main d'oeuvre...).

Enfin, un bon tailleur sait tout cela, et bien plus encore...
C'est pour cela qu'au château Rioublanc la taille est toujours assurée par des hommes (et des femmes) qui sont des salariés permanents de notre Domaine. Ils savent que leur taille d'aujourd'hui assurera la qualité de la récolte de 2012, mais encore la longévité de chaque cep. Et cette longévité est la garante d'avoir demain de vieux ceps. Et comme chacun le sait, ce sont les vieilles vignes qui font les meilleurs raisins !

Un bon tailleur sait tout cela, et bien plus encore...