Chateau rioublanc

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2013 : La nature impose le printemps malgré la météo
 

Vigne au 31 mai 2013Vigne au 8 juin 2013

Voici 2 photos prises à 10 jours d'intervalle dans la parcelle de merlot qui jouxte nos chais : la première, fin mai, sous un beau ciel d'orage, la deuxième le 8 juin 2013.
Vous remarquerez que le travail du sol se limite à l'espace sous le rang. C'est évidemment le plus délicat à réaliser si on ne veut pas couper de ceps !
Seul, l'inter-rang est enherbé. Je dois dire, que je suis très fier de cet enherbement. Il est essentiellement composé de plantes annuelles (pas de chiendent...) il est ainsi peu concurrentiel pour la vigne, il assure une bonne vie du sol et la portance pour nos tracteurs.
Vous pouvez aussi constater que la pousse est rapide... et ce n'est pas fini, avant la fin du mois, les rameaux auront largement dépassé la hauteur des piquets, et il aura fallu les écimer.

Inflorescence merlot avant fleurfleurs de vigne (cépage merlot)

La photo de gauche a été également prise le 8 juin 2013. Celle de droite remonte à la fin mai de l'année dernière, la vigne était déjà en pleine floraison.
On voit que cette année, il reste encore à nos boutons floraux à s'écarter les un des autres avant que le "capuchon" ne tombe et laisse apparaître les fleurs.
Notons que la vigne a une fleur minimale : 1 ovaire prolongé par son pistil et 5 étamines. Rien pour régaler les abeilles !

La fécondation de ses petites fleurs dépend beaucoup des conditions météo : le froid et la pluie peuvent provoquer la "coulure" : la fleur ne se féconde pas alors pas de pépin...
et pas de raisin !

Cette année, le retard pris par la floraison est plutôt une bonne chose : quand on avance vers l'été on a plus de chance d'avoir meilleur temps.

Apex et manne de la vigne

 Mais ce qui nous inquiète, c'est que les rameaux n'ont pas encore beaucoup poussé. Le risque est la concurrence entre les apex (extrémité du rameaux où se forment les jeunes feuilles) et les mannes (futures fleurs).

Sur la photo ci-dessus, on voit bien qu'il va falloir mobiliser beaucoup d'énergie pour la croissance des rameaux (la vigne est une liane) comme pour la floraison.

Si les conditions du mois de juin sont favorables tout devrait bien se passer. Mais certains cépages, comme le merlot, ont une floraison très délicate...

Comme vous vous en doutez, la réussite de la floraison est cruciale pour tout vigneron... alors on y pense, le matin, le soir... tout le temps...
Et nos 10 salariés, aidés de 2 stagiaires, s'activent 9 heures par jour (parfois plus encore) pour mettre tout en oeuvre pour que cette floraison se passe pour le mieux : enlever les rameaux inutiles, c'est l'épamprage (pour limiter la concurrence), maîtriser la pousse de l'herbe par tonte ou labour (on essaie d'adapter la concurrence en fonction de la météo et du stade de la vigne), enfin, organiser le palissage pour que les grappes soient bien au soleil.

C'est par ces nombreux soins que nous mettons tout les atouts de notre côté. Avec un peu de chance, ce sera suffisant... nous le saurons d'ici un mois, patience !

P.S. Quand je relis ces lignes, deux ans plus tard, je ne peux que constater que nous n'avons pas eu "un peu de chance".
La coulure qui était crainte a été massive, elle a été une porte d'entrée au mildiou, puis à la pourriture grise...
Résultat, une année "blanche" pour notre rouge... Il faudra plusieurs années pour effacer ce manque à gagner.